Introduction :
Aujourd’hui nous retournons étudier le sermon sur la Montagne, en Matthieu 5.
Le texte que nous allons voir dans un instant est un des plus difficiles à comprendre. Nous pourrions y passer des heures pour bien saisir toutes les implications.
Lisons-le ensemble : « … »
Je vous avoue que j’ai eu beaucoup de difficulté dans le choix d’une approche pour ce passage. Je voudrais me concentrer sur l’aspect pratique de l’enseignement de Jésus, mais il y a un aspect doctrinal qu’il serait dangereux de négliger.
Alors je vous propose de faire un petit compromis. De voir les deux, mais pas de façon super approfondie. Il est évident qu’en faisant ce choix, je ne vais pas pouvoir tout dire. Je vais mentionner rapidement certaines choses, mais ce sera à vous de prendre des notes pour creuser le sujet, une fois chez vous.
Bien sûr, vous pourrez aussi venir me voir en privé, pour me poser des questions si vous en ressentez le besoin.
Alors tout d’abord, regardons à l’aspect doctrinal et puis nous passerons aux leçons pratiques.
I. Aspect doctrinal
Suite à ce que nous venons de lire, je voudrais vous poser une question : sommes-nous sous la loi de Moise en Jésus Christ ?
Attention avant de répondre trop rapidement ! La question n’est pas aussi simple. En Galates 3 aux versets 23-25, nous lisons : « … ». De même en Romains 7 :6 Paul dit : « … » Enfin en Hébreux 7 : 11-14, nous lisons : « … » et en 10 : 8-9 « … »
Toutes les indications que nous trouvons dans le Nouveau Testament montrent que la loi de Moise n’est plus en vigueur. Et pourtant, Jésus ne dit-il pas en Matthieu 5 :17-18 « … », alors comment harmoniser le tout ?
Voyez-vous pourquoi ce passage est compliqué ? Voyez-vous pourquoi certaines personnes passent des mois à essayer de comprendre ces versets ?
Je crois que la bible ne se contredit pas. S’il y a contradiction apparente, c’est probablement parce que nous ne comprenons pas clairement certains détails qui peut-être étaient plus facile à comprendre à cette époque. Pourquoi ? Probablement parce que les juifs avaient tout un contexte biblique et historique auquel ils pouvaient se référer. Et, malheureusement souvent ce contexte nous échappe.
D’abord, il faut comprendre que dans ce passage, les conducteurs juifs accusaient Jésus de vouloir se débarrasser de la loi de Moise, comme un vulgaire révolutionnaire l’aurait fait.
En d’autres termes, ils pensaient que Jésus ne montrait pas le respect voulu envers les Écritures, qu’il ne pensait qu’à se soustraire à l’ordre établi des choses et qu’il voulait juste vivre différemment sans toutes les contraintes de Moise.
Pourquoi pensaient-ils ainsi ? Je vous donne un exemple, regardez en Matthieu 12 :1-12 « … » En fait, Jésus n’avait jamais rien fait de contraire à la loi. Ce n’était pas un révolutionnaire contre Moise, mais plutôt contre l’interprétation pharisienne de la loi.
Les conducteurs juifs avaient interprété les choses à leur manière et Dieu n’était pas en faveur de cette interprétation. Ceci dit, Jésus vivait correctement. Il ne commettait pas de péchés.
Donc s’il faisait quelque chose de contraire aux pensées des chefs juifs, c’est parce qu’il marchait selon la vraie interprétation de la loi, selon le cœur de Dieu quand il avait promulgué ses lois. Comprenez-vous ?
La loi n’avait-elle pas dit en Deut 18 :18 : « … » et Jérémie 31 :31 n’avait-il pas prédit le besoin de la loi de donner cours à une autre alliance, à une nouvelle alliance, une alliance de nature différente ?
Il me semble donc que la clé pour comprendre le passage en Matthieu 5 réside tout d’abord dans la bonne compréhension du terme abolir. Que signifiait ici abolir pour Jésus ?
Dans ce contexte, abolir signifiait se débarrasser sans accomplir et non pas jeter à la poubelle sans en tenir compte. En hébreux le terme est utilisé différemment et donc il trouve une définition un peu différente.
C’est juste. En d’autres termes pas une barre de t ou pas un point sur un i ne pouvait disparaître avant que le ciel et la terre ne passe.
Mais aujourd’hui, offrons-nous des animaux ? Circoncisons-nous nos enfants ? Observons-nous la fête des tentes et celle des moissons ? Refusons-nous de faire tout ouvrage le samedi, jour du sabbat ? Mangeons-nous du cochon ? Et pensons-nous que c’est un péché ?
Si non, alors nous pensons qu’il y a des choses dans la loi qui ont été changées. Et à juste titre, les apôtres le pensaient aussi (voir Colossiens 2 :16-17 et Actes 15 :1-29)
Alors il est logique de dire que la terre et le ciel sont passés et que nous sommes maintenant sur une nouvelle terre et sous de nouveaux cieux.
Ca vous parait peut-être bizarre comme pensée, mais pour les juifs ce concept n’est pas si étrange que ca. Pourquoi ?
Car il s’agissait d’une expression qui voulait dire : lorsqu’un nouvel ordre des choses est établi.
En Ésaïe 51 : 4 - 6 et 15 – 16, nous trouvons la même expression « …. » Il est apparent dans ces passages que ce n’est pas la fin du monde à laquelle Dieu fait référence, mais à la délivrance d’Israël de Babylone, idem aussi en Ésaïe 65 :17 où là il y a une référence au moment où Jésus établirait l’église. Il est évident qu’après ce jour où Dieu fonde les nouveaux cieux et la nouvelle terre, la vie continue. Mais il y a en nouvel ordre des choses.
Revenons en Matthieu 5, verset 18 « … »
Lorsque tout est arrivé, ou lorsque tout a été accompli disent les bibles anglaises.
En Jean 19 :28-30, nous voyons Jésus lui-même nous dire quand tout a été accompli.
Il est sur la croix, il y est depuis un certain temps et maintenant il est prêt à rendre l’âme. Nous lisons : « … »
La mort de Jésus a accompli tout ce que la loi demandait et prédisait, maintenant une nouvel ordre des choses pouvait être. Une nouvelle terre et de nouveaux cieux pouvaient être créés.
La loi de Moise, pouvait laisser place à la loi de Christ.
Nous sommes aujourd’hui non plus sous l’ancienne alliance, mais sous la nouvelle.
J’espère que mes paroles vous apportent quelques clarifications concernant l’harmonisation de ce passage. Sinon n’hésitez pas à continuer d’étudier et à me poser d’avantages de questions.
Mais pour le temps qui nous reste, traitons à présent de l’aspect pratique du texte (au-delà du fait que nous ne devons plus vivre en suivant les règles de l’Ancien Testament).
C’est à partir d’ici que je vais prendre vraiment du plaisir. C’est plus amusant de voir comment tout ceci s’applique en profondeur que de voir de la théorie.
Très bien, pensez à la situation. Jésus vient de parler aux foules en leur disant que le royaume de Dieu est pour les débonnaires, pour ceux qui sont persécutés, pour ceux qui sont affligés, puis tout d’un coup il dit au verset 20 : « Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. »
Ca doit être un choc pour les foules. Après tout, qui dans leur société était aussi zélé que les pharisiens ? Qui était aussi pieux que les scribes qui connaissent parfaitement la loi ? C’était l’élite !
Ils tenaient le record au palmarès des gens de biens.
A quoi pourrais-je comparer cela ?
C’est comme aujourd’hui avec le saut en hauteur. Vous savez, ce sport où l’on monte de plus en plus haut la barre qu’il faut passer sans faire tomber. Le record est de combien ? A 2,45 mètres. Une fois en 1993, une personne a sauté aussi haut et depuis c’est inégalé. Maintenant, c’est la référence. Tous ceux qui sautent se basent sur cet exemple.
Et bien les scribes et les pharisiens, c’étaient les champions de l’époque dans le domaine de la religion. Tout le peuple se basait sur leur exemple pour savoir comment servir Dieu et être juste. Mais peu espérait vraiment un jour y parvenir.
Et maintenant, Jésus arrive sur la scène et il dit : « La barre est peut-être haute à vos yeux, mais pas aux yeux de Dieu. Leur record n’est pas suffisant pour l’Eternel et son royaume. Ce qui ressemble à la perfection de votre angle de vision, est répugnant aux yeux de Dieu. » Et il va relever la barre.
Il va relever la barre concernant la colère, le meurtre, l’adultère, la vengeance et la liste continue.
Alors puisque Jésus relève la barre, il y a maintenant un autre exemple à suivre. Le record n’est plus aux mains des pharisiens, mais aux mains de Jésus.
Jésus est le nouveau champion et c’est vers lui qu’il faut nous tourner pour trouver une direction et un modèle.
Dans ce sermon, tout d’abord nous apprenons comment il faut voir la loi de Dieu.
Comment faut-il la voir ? Comme Jésus.
A partir d’ici je veux que vous oubliez le concept du Nouveau et de l’Ancien Testament. Ce qui importe n’est pas autant de quelle loi il s’agit, que l’attitude qu’il faut avoir envers une loi promulguée par Dieu.
Je veux que vous voyez les principes qui ont guidés Jésus et que vous les appliquiez à votre situation.
Voici 3 choses que je vois dans l’attitude de Jésus face à la loi de Dieu :
En gros, ceci me montre que Jésus attend une dévotion totale de notre part à la bible.
Il faut nous examiner aujourd’hui. Est-ce le cas ? Sommes-nous dévoués totalement à la Bible. La voyons-nous comme étant permanente, comme ne pouvant pas être changée par nous ou quelqu’un d’autre, comme étant pertinente ?
Parce qu’il veut la justice du cœur et pas seulement une dévotion externe
Savez-vous que les Pharisiens avaient assez de règles provenant de leurs traditions pour remplir 70 volumes (c’est la taille de la Mishna)
Ces règles étaient supposées les empêcher d’enfreindre les commandements de Dieu, mais elles finissaient par faire exactement l’opposé.
Les pharisiens étaient devenus maitres dans l’art d’ignorer ce qui était vraiment important. Voir Luc 11 :42-46
Ils noyaient le poisson, comme on dit aujourd’hui !
Oh ils connaissaient les lois, mais ils ne connaissaient pas Dieu. Et Jésus disait, ne soyez pas comme eux.
Peut-être ces pharisiens nous paraissent un peu comiques aujourd’hui. Qui se soucierait tant des règles et finirait par oublier le cœur voulu par Dieu ?
C’est comique, jusqu’au moment où nous réalisons que nous aussi, parfois nous faisons la même chose.
Nous connaissons la volonté de Dieu pour notre adoration. Alors nous allons à l’église une fois par semaine, mais nous évitons de faire de notre vie une offrande perpétuelle.
Un chrétien célibataire fait le vœu de rester vierge jusqu’au mariage, car il sait que c’est une des règles de la bible, mais il fait toutes les autres choses sexuelles qui ne sont pas mentionnées.
Des parents chrétiens prennent grand soin de garder l’esprit et le cœur de leurs enfants pures avec ce qu’ils permettent à la TV d’amener dans leur foyer. Mais quand les enfants sont au lit…
Nous cherchons à être de bons gérants avec l’argent que Dieu nous confie, donc nous mettons le dixième appart pour la collecte, mais juste le dixième pas un centime de plus et nous oublions d’être généreux.
Un chrétien évite de mentir, parce que c’est contre la loi, mais il induit intentionnellement dans une fausse direction en refusant de répondre franchement et directement aux questions qui lui sont pausées. Et puis il dit quand confronté : « Mais je n’ai jamais menti ! »
Et la liste continue… Tout ceci représente les attitudes que les pharisiens manifestaient. Agir ainsi, c’est être une personne plus intéressée par le suivi des règles que par l’amour de Dieu.
De l’extérieur, ca parait impressionnant. Techniquement les lois ne sont jamais enfreintes, mais la barre a été placée bien plus haut par Jésus Christ, en ce jour sur la montagne.
Selon lui, il nous faut dépasser ce type de justice que les pharisiens manifestaient.
Ce qui m’amène à mon dernier point. Comment pouvons-nous faire cela ?
Trois petits secrets pour nous aider à y parvenir.
Paul appelait sa justice de la boue, c’est une autre façon polie de dire comme du caca. Voila ce que ca justice valait.
Mais lorsque Jésus vient dans nos vies, il nous donne sa justice (Romains 8 :3-4)
Pour recevoir sa justice selon Paul, il faut naitre de nouveau.
Rappelons-nous que lorsque nous suivons les règles, ce n’est pas pour que nous soyons élevés aux yeux des autres, c’est pour que Dieu soit exalté.
Et si nous y parvenons, alors vraiment nous serons plus soucieux de trouver la vraie justice plutôt que de se concentrer sur l’apparence. Notre justice sera profonde tout comme celle de Jésus.
Conclusion :
En conclusion rappelons-nous que se conformer extérieurement seulement ne pourra pas nous amener dans le Royaume des cieux. La barre est beaucoup plus haute que ca.
Alors aujourd’hui passerez-vous au dessus de la barre ? … Seul, non
Mais si vous donnez votre vie à Christ, lui vous aidera à aller assez haut pour un jour entrer dans les parvis du royaume des cieux.
Aujourd’hui, êtes-vous convaincu que la barre existe, espérez-vous pouvoir la franchir par vous-même ou êtes-vous prêt à vous en remettre à Christ. L’invitation subsiste. A vous d’y répondre…