« Et le Seigneur ajoutait chaque jour à la communauté [l’Église] ceux qui étaient sauvé. » (Actes 2 :47). Le rapport entre Jésus-Christ crucifié et la communauté des sauvés saute aux yeux dès qu’on s’approche des Écritures. Nous voulons, au nom de Jésus-Christ, découvrir et vivre cette Église telle que le Seigneur l’a conçue et l’a réalisée parmi les premiers chrétiens, leur communiquant Sa doctrine, Son culte, Sa mission et Son organisation. C’est la qu’on la voit dans sa pureté ; c’est là que, dans toute sa beauté et toute sa simplicité, elle reflète parfaitement le Sauveur crucifié. Pour des raisons qui leur sont propres, les hommes à travers les siècles ont substitué leur volonté pour changer le plan de Dieu. Le Seigneur répond à ceux qui, parmi les Juifs, avaient ainsi changé la Loi de Dieu : « Ainsi vous avez annulé la Parole de Dieu au profit de votre tradition ». Cela est leur problème, car ils devront répondre à Dieu de leurs actes. Quant à nous, nous ne voulons savoir autre chose que l’Église bâtie par le Christ crucifié, telle qu’elle se dessine dans le Livre des livres.
L’apôtre Paul l’affirme de cette façon en Éphésiens 3 :8-13 :
Le dessein éternel de Dieu prévoyait que Jésus rachèterait les hommes par sa mort et que ce serait l’Église qui regrouperait les rachetés et annoncerait au monde la Bonne Nouvelle.
« Sur cette pierre je bâtirai mon Église et les portes de l’enfer ne prévaudront par contre elle » a dit le Seigneur en Matthieu 16 :18, en parlant de la tentative de Satan de lui donner un coup mortel lors de la crucifixion. Non seulement, Jésus a vaincu la mort et Satan, mais en même temps, il a établi « l’Église de Dieu qu’il s’est acquise par son propre sang. » (Actes 20 :28). L’Église ne nous appartient pas, elle est le corps du Christ et c’est Lui, jamais les hommes, qui dicte comment on y est ajouté et comment on doit y vivre.
L’amour de Jésus pour son Église et la beauté de cette communauté ne sont nulle part mieux exprimés qu’en Éphésiens 5 :25 où il est dit :
Après avoir acquis l’Église au prix de son sang, Paul explique que c’est par ce même sang que Jésus nous purifie, à travers la foi et la repentance exprimées dans l’obéissance du baptême, afin que nous puissions faire partie de cette communauté, qui est Son corps. Quant a l’identité de cette communauté, qui appartient entièrement a Jésus, nous disons avec l’apôtre Paul : « Toutes les Église du Christ vous saluent. » (Romains 16 :16).
Cette communauté est aussi appelée une famille. Lors de votre naissance, vous êtes ne dans une famille. Lors du baptême vous êtes, en sortant de l’eau, une nouvelle créature, c’est-à-dire né de nouveau dans la famille de Dieu, l’Église (Romains 6 :3-4 ; Actes 2 :38, 47 ; Jean 3 :5). Dans cette famille, le nouveau chrétien trouve des sœurs et des frères spirituels qui se soutiennent, s’encouragent et qui partagent ensemble les bénédictions de Dieu réservées à ses enfants.
Cette communauté est aussi le royaume, prédit par tous les prophètes et tant attendu par le peuple juif, Jésus a déclaré au tout début de son ministère :
L’apôtre Paul déclare aux chrétiens de la ville de Colosses :
Comme il se doit, ce royaume a un roi, Jésus-Christ, assis sur le trône de David pour l’éternité (Actes 2 :30,31). Comme citoyen du royaume de Dieu, vous serez de Son peuple, régi par Ses lois, jouissant de Ses privilèges, protégé par Sa force et héritier de la cité céleste destinée à ses sujets.
Tout dans cette communauté reflète Jésus-Christ crucifié. Son message est l’Évangile, la Bonne Nouvelle du salut.
Quelque semaines seulement avant Sa mort, les disciples furent conduits par le Maître sur une montagne de la Galilée, et là, dans leur solitude, il leur dévoila ce qu’il allait bientôt accomplir. « Je bâtirai mon Eglise », leur dit-il.
Puis Jésus adressa ces paroles à Ses disciples :
C’est devant Ponce Pilate que Jésus dira clairement qu’il n’est pas venu établir un royaume politique tel qu’attendu par les Juifs, mais plutôt un royaume spirituel :
Les Apôtres ont finalement compris, mais, malheureusement, encore aujourd’hui plusieurs, comme les Juifs, attendent en vain que Jésus revienne établir un royaume politique sur la terre.
Tout s’accomplit exactement comme le Christ l’avait prédit ; il fut malmené par les Juifs et mis à mort par eux, après quoi Il ressuscita plein de gloire, par la puissance du Père. Apparaissant à Ses disciples après Sa résurrection, Jésus les prépara en vue du royaume (l’Église) qu’Il allait bientôt fonder. Puis, quarante jours plus tard, Il remonta vers le Père (Actes 1 :3-11).
Cinquante jours après le sabbat pascal, le matin de la Pentecôte, tous les Apôtres étaient réunis dans un même lieu. Soudain :
Dehors se tenait une multitude composée de Juifs venus de toutes les nations de l’empire. Au bruit qui eut lieu, toute cette foule accourut. Luc rapporte qu’ils étaient plusieurs milliers. C’est à eux que les Apôtres s’adressèrent, leur expliquant que ces événements dont ils étaient les témoins perplexes, n’étaient que l’accomplissement des prophéties de Joël et de David. En conclusion, ils entendirent cette déclaration extraordinaire :
Persuadés que Jésus-Christ crucifié était vraiment le Fils de Dieu, trois mille personnes environ furent baptisées ce jour- là, devenant par ce fait même, les prémices de tous ceux qui devaient par la suite obéir par la foi au Christ (Actes 2 :38-41). La communauté de chrétiens, l’Église, le royaume, est ainsi visiblement établie.
Une fois encore la sagesse humaine était reversée. Tandis que les hommes réclamaient un royaume politique juif qui exclurait les païens, Dieu établit un royaume spirituel qui ne connaît pas de frontières. Tandis qu’ils voulaient un souverain qui régnerait dans le domaine temporel et physique, Jésus règne dans les cœurs mêmes de ses sujets.
Voilà en quelques mots la narration biblique de l’établissement de l’Eglise née à la première Pentecôte après la résurrection de Jésus, de l’initiative et de la puissance de Dieu. Désormais, la croix, cet objet de honte et d’ignominie, serait la gloire du nouveau peuples de Dieu ; cette croix qui était un scandale pour les Juifs non encore convertis, et une folie pour les païens ! (1 Corinthiens 1 :23). Insistant sur ce paradoxe, Paul dira plus tard aux Corinthiens : « Nous, nous prêchons le Christ crucifié ! »
Pierre dit à ceux qui croyaient au Christ et voulaient savoir comment être sauvés :
Et Luc rapporte au verset 47 :
Seul le Seigneur peut ajouter le croyant obéissant à l’Église. Aucun homme, ou groupe d’hommes, quels qu’ils soient, ne peuvent le faire. La déclaration de Pierre n’était que le reflet fidèle de la grande mission proclamée par Jésus et donnée juste avant son ascension au ciel. Quelques jours auparavant, Jésus avait dit à Ses disciples :
L’apôtre Paul l’explique de cette façon :
Ainsi nous apprenons qui le Royaume, annoncé d’abord par les prophètes, puis par Jésus ; l’Église établie au jour de la Pentecôte ; le corps du Christ auquel appartient tous les sauvés (Colossiens 1 :18) ; la famille des chrétiens et la maison de Dieu (1 Timothée 3 :15) sont en réalité une et même chose, l’unique communauté de tous les sauvés.
Concevoir une personne sauvée qui n’appartient pas à la communauté des chrétiens qui forment le corps de Christ (l’Église), c’est concevoir un sujets sans royaume, un enfant sans famille, le Seigneur crucifié sans corps. Tous aussi sûrement que Jésus est venu sur la terre pour mourir afin de nous sauver, Il est aussi venu pour établir une communauté regroupant tous les sauvés, assurer leur bien-être, leur identité, ainsi qu’accomplir par eux Son œuvre sur la terre.
À partir d’Actes, chapitre deux, pour la première fois dans toute l’histoire, cette communauté de croyants, ce royaume, prédite par les prophètes et promise par Jésus, est traitée comme une réalité. Dieu qui la baigne abondamment. Elle remplit sa mission primordiale : Être le peuple de Dieu dans le monde pour faire connaître, en Jésus-Christ crucifié, la sagesse et l’amour de Dieu (Éphésiens 3 :10).
Comment les premiers chrétiens se sont-ils mis à cette tâche ? En particulier, quelle forme d’organisation revêtait la communauté ? Notre étude englobera l’Église telle qu’elle se présente à nous depuis l’an 33 jusqu'à la fin de l’ère apostolique qui coïncide avec la révélation divine complétée, soit à peu près vers la fin du premier siècle.
Les premiers chrétiens reconnaissaient en Jésus leur chef suprême, la tête absolue du corps entier des sauvés. L’apôtre Paul parle du Christ comme « chef suprême de l’Église… » (Éphésiens 1 :22), la « tête du corps de l’Église […] en tout le premier » (Colossiens 1 :18). Dans son royaume, qui est l’Église, Jésus exerce la souveraineté absolue (Matthieu 28 :18 ; 1 Corinthien 15 :25, 27).
Sachant qu’il devrait quitter la terre pour retourner auprès de son Père, Jésus pourvoit à la direction pour l’ensemble des croyants, en désignant les douze Apôtres, auxquels viendrait s’ajouter Paul, le grand Apôtre auprès des païens. Revêtus de l’Esprit de Dieu, ces "ambassadeurs de Christ" remplissaient leurs fonctions en enseignant, en prescrivant, en reprenant, en un mot en surveillant de près la naissance et les premières années de l’Église dans les divers endroits du monde. Jésus leur dit :
Par leurs visites personnelles et par leurs écrits, les Apôtres servaient à former la foi et la vie de ceux qui embrassaient la foi chrétienne.
Mais, comme celui de Jésus, le ministère des Apôtres était de nature temporaire, tout au moins dans le sens physique. Aucune mention n’est faite d’un remplacement éventuel des Apôtres qui seraient tombés devant les ennemis de la croix. Cependant, l’Église ne fut pas laissée sans direction. Les apôtres continuent leur œuvre d’enseignement et d’administration, mais sous une autre forme, celle de leurs écrits, le Nouveau Testament. Qui rejette les écrits des Apôtres rejette Jésus ! (Luc 10 :16).
Avec la croissance rapide de l’Église et la certitude de la disparition imminente des Apôtres, la direction de l’Église commence à prendre sa forme définitive. Au lieu de constituer une hiérarchie avec un corps dirigeant, ayant un pouvoir sur toute l’Église, les Apôtres se contentent de prévoir, pour chacune des assemblées locales de l’Église, une autonomie presque totale. Des surveillants, dont les qualifications et les responsabilités sont bien définies, en assurent la direction, libres de toute centralisation du pouvoir, exception faite de celui du Christ. Dans le Nouveau Testament, nous voyons sans cesse des assemblées locales de l’Église qui travaillaient et témoignaient du Christ, dans l’unité et la foi, tout en gardant leur autonomie ou indépendance respective.
Pourquoi un tel arrangement ? Il nous semble entrevoir, derrière ce qui paraît aux hommes comme une faute d’administration, la sagesse divine dans cette autonomie de chaque assemblée locale. Dans une hiérarchie en forme de pyramide, tout l’ensemble n’est qu’un reflet de celui qui domine, ceci est parfaitement exemplifié dans l’Empire romain, où le pouvoir absolu était placé entre les mains d’un seul homme, suivi de ses ministres, représentants, etc. Une centralisation du pouvoir ne présente pas de garanties. Si la tête est atteinte, tout le corps est contaminé. En prévoyant l’indépendance de chaque assemblée locale, sans doute Dieu a-t-il voulu empêcher que l’Église entière ne tombe dans l’apostasie. Une assemblée, sous l’influence de "faux prophètes", pourrait s’écarter de la vérité, mais toutes les autres ne seraient pas forcément entraînées dans la même erreur.
Le Bible rapporte pour la première fois, lors de la famine en Judée et plusieurs années après sa fondation, que l’Église de Jérusalem avait des anciens (Actes 11 :30).
Lors de leur premier voyage missionnaire, Paul et ses compagnons repassent, sur le chemin du retour, par le même itinéraire pour faire « nommer des anciens dans chaque Église » (Actes 14 :23).
Qui sont ces hommes auxquels est confiée la surveillance d’une assemblée locale ? Pour designer cet unique ministère de surveillance dans l’assemblée locale, le Nouveau Testament emploie plusieurs termes dont les trois principaux sont : a) Ancien, qui vient du terme grec "presbutéros" et qui signifie un homme d’âge mûr, bien expérimenté ; b) Évêque, qui vient du mot grec "épikopos" qui suggère l’idée de "surveillant" ou "surintendant" (Actes 20 :28 ; Philippiens 1 :1 ; 1 Timothée 4 :3, 2 ; Tite 1 :7 et 1 Pierre 2 :25) ; c) Pasteur, ce terme, employé dans sa forme verbale en Actes 20 :28 et comme substantif en 1 Pierre 2 :25 et 5 :4, indique la fonction d’un berger qui nourrit et prend soin de son troupeau.
Dans les Écritures, ces trois termes se rapportent non pas à trois fonctions différentes, mais au même ministère dans l’Église ; le traitant sous trois aspects différents : expérience (ancien), surveillance (évêque) et la responsabilité de nourrir le "troupeau de Dieu" (pasteur). En Actes 20, Paul fait appeler, lors de son passage à Milet, les "anciens" de l’Église d’Éphèse (Actes 20 :17), et dans le même contexte, il les appelle "évêque" et parle de leur fonction de pasteurs (Actes 20 :28). Paul réunit les deux termes "ancien"et "évêque" pour désigner la même personne lorsqu’il énumère les qualités exigée d’un homme qui aspire à la charge de surveillant dans une assemblée (Tite 1 :5-9l 1 Timothée 3 :1-7).
Ces qualités sont de trois sortes :
De cette liste de qualités, trois points sont à souligner :
a) l’impératif d’une conduite irréprochable, b) la nécessité de l’expérience obtenue comme chef d’un foyer et c) la maturité spirituelle.
Sans ces qualités, aucun homme ne pouvait être nommé comme surveillant dans une assemblée.
Les allusions aux "anciens", surveillants dans assemblées locales, nous permettent de tirer les conclusions suivantes : a) Dieu a prévu, dès le début, pour son Église sur la terre, une direction basée sur l’assemblée locale ; b) une assemblée locale peut exister, pendant un certain temps, sans surveillants, en attendant que des hommes qualifiés soient formés pour occuper cette charge ; c) il n’est jamais question d’un seul surveillant dans une assemblée locale ; il y a toujours plus d’un. (Voir aussi Philippiens 1 :1).
L’Église du premier siècle connaissait encore un autre ministère, celui des diacres. Ce mot vient du grec "diakonos", qui signifie "serviteur" (Philippiens 1 :1 ; 1 Timothée 3 :8-13 ; Actes 6 :3,4).
Les qualités exigées pour être diacre, ou serviteur spécial, sont très proches de celles du surveillant et se trouvent en 1 Timothée 3 :8-13.
Les sept hommes choisis comme diacres en Actes chapitre six avaient pour tâche de prendre la responsabilité d’une certaine œuvre de bienfaisance. Mais le fait que Philippe, un des Sept, prêchait en Samarie (Actes 8) montre qu’ils pouvaient en même temps faire œuvre de diacre et s’adonner a la prédication de l’Évangile.
Afin de pourvoir à l’enseignement général dans l’Église au premier siècle, deux autres fonctions sont reconnues. Il s’agit des évangélistes et des enseignants (docteurs). L’évangéliste ou prédicateur n’est pas un pasteur, comme l’usage le veut, car un pasteur est un évêque ou un ancien ; l’évangélise œuvre sous la surveillance du collège des pasteurs (ancien et évêques). Il n’est pas non plus un prêtre, car parmi les instructions des Apôtres il n’y avait aucune place pour une prêtrise spéciale ou une classe de prêtres, chaque chrétien ayant le sacerdoce de communication directe avec Dieu par Jésus-Christ. Comme Timothée, les évangélises « prêchaient la parole, insistaient en toute occasion, favorable ou non, reprenaient, censuraient et exhortaient… » (2 Timothée 4 :1-4). Ils participaient activement à la formation et à l’organisation des assemblées locales (Tite 1 :5 ; 1 Timothée 3). Leur conduite devait être exemplaire (1 Timothée 4 :12), leur fidélité au Seigneur à toute épreuve et leur connaissance des Écritures bien affirmée (1 Timothée 4 :12, 15-16).
Très brièvement, nous avons donné un aperçu de l’organisation de l’Église, telle qu’elle a existé au premier siècle. Sous la surveillance des anciens (évêques, pasteurs), chaque assemblée locale travaillait, d’une manière autonome quant à la direction de ses affaires, mais était liée aux autres par l’amour fraternel et l’unité de la sainte doctrine, pour répandre la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ et pour assurer la croissance spirituelle de ses membres. Les diacres, ou serviteurs particuliers, sous la direction des anciens, s’occupaient de leurs diverses tâches au sein de leur assemblée locale. Les évangélistes et enseignants (docteurs) s’adonnaient à la prédication de l’Évangiles, au ministère de l’enseignement, soit en rapport avec une assemblée locale, soit par une activité missionnaire. Cette organisation ne présente rien de compliqué ; au contraire, tout est d’une grande simplicité, mais sans pour autant entraver, en quoi que ce soit, son efficacité. Selon le dessein de Dieu, la simplicité de cette organisation était destinée à contribuer au « perfectionnement des saints […] et a l’édification du corps de Christ… » (Éphésiens 4 :11-16).
C’est dans sa conversation avec la femme samaritaine au puits de Jacob, que Jésus annonce un bouleversement des traditions religieuses qui reliaient jusqu’alors Dieu à son peuple. Les Samaritains adoraient Dieu sur la montagne Garizim. Les Juifs, eux, étaient attachés à la Sainte Jérusalem qu’ils considéraient comme seul lieu où pouvait résider et se manifester le Dieu vivant.
Pressentant en Jésus un prophète de nature exceptionnelle, la Samaritaine lui demande naïvement de trancher ce litige une fois pour toutes. Jésus lui apprend alors que :
Le culte de l’Église du premier siècle, tel qu’il nous est décrit dans les "Actes des Apôtres"et dans les épîtres, est un parfait commentaire de ces paroles de Jésus.
La notion du temple sacré où réside la divinité en présence des fidèles appartenait au culte matériel du judaïsme. Le lieu où se réunit l’Église importe peu. En fait, Jésus dit que : «Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Matthieu 18 :20).
Paul dira même à l’Église des Corinthiens :
C’est ainsi que les premières assemblées de chrétiens se réunissaient souvent dans des maisons privées comme il ressort de plusieurs passages comme 1 Corinthiens 16 :19 ; Romains 16 :5 ; Philémon 2 ; Colossiens 4 :15. Des lieux spéciaux de culte furent édifiés plus tard, mais on ne leur attribuait pas, pour cela, un caractère sacré.
Dès le début, un jour particulier est mis à part pour la célébration du culte de l’Église. Ce jour-là, c’est le "Jour du Seigneur", le premier jour de la semaine. Sous la direction du Saint-Esprit, rompant avec le sabbat juif, les premiers chrétiens se réunirent le premier jour de la semaine, le jour de la résurrection du Christ, le jour de l’établissement de l’Église. C’est aussi le jour de Son apparition aux disciples réunis (Jean 20 :19, 26). Pour les premiers chrétiens, le premier jour de la semaine (le dimanche) était une fête de la résurrection. Le monde religieux d’aujourd’hui a oublié qu’alors Pâques n’était pas célébré par les chrétiens une fois par un seulement, mais lors du repas du Seigneur à chaque semaine.
La réunion de l’Église avait pour but principal l’édification et l’exhortation mutuelle des fidèles. L’épître "aux Hébreux" désapprouve vivement ceux qui font une coutume d’abandonner leurs assemblées.
Cette évocation du "jour" nous amène naturellement à cette conscience du retour certain du Christ. Les premiers chrétiens vivaient dans une sorte de tension dans l’attente du retour du Christ. Cette grande espérance devrait, encore et toujours, motiver la vie de tout chrétien.
La Sainte Cène ou repas du Seigneur est sans aucun conteste, le centre, la raison d’être des assemblées dominicales. Jésus l’institua la veille de sa mort en précisant, « Je vous le dis, je ne boirai plus désormais de ce fruit de la vigne, jusqu’au jour où j’en boirai du nouveau avec vous dans le royaume de mon Père. » (Matthieu 26 :29). Luc rapporte : « Ensuite il prit du pain ; et après avoir rendu grâces, il le rompit et le leur donna en disant : Ceci est mon corps, qui est donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. De même il prit la coupe, après le repas, et la leur donna, en disant : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui est répandu pour vous. » (Luc 22 :19,20).
Aux Corinthiens qui avaient perdu de vue la vraie signification de ce repas, Paul rappelle :
Il y a là double signification : souvenir du sacrifice du Fils de Dieu et bienheureuse espérance, anticipation même, de son retour.
Les premiers chrétiens avaient coutume de parler de la "fraction du pain" pour évoquer le Repas du Seigneur. C’est ainsi que Luc, racontent comment, avec Paul, ils avaient attendu une semaine à Troas afin de se réunir avec les frères, écrit : « Le premier jour de la semaine, nous étions tous réunis pour rompre le pain. » (Actes 20 :7).
D’après l’exemple des premiers chrétiens, les assemblées de l’Église du Christ du monde entier doivent se réunir, à chaque premier jour de la semaine (dimanche), pour communier avec le Seigneur, pour fêter au moyen de la Sainte Cène, le Repas du Seigneur, Sa résurrection. Le culte chrétien doit être aujourd’hui ce qu’il était à l’époque des témoins oculaires de la résurrection : une réunion simple et fervente, où tous les fidèles participent comme une seule âme au culte rendu à Dieu, et pour qui l’expression ultime de la foi ne consiste pas en un plaisir des yeux, mais en un festin de l’âme toujours assuré « dans l’enseignement des Apôtres, des la communion fraternelle, dans la fraction du pain et dans les prières » (Actes 2 :42), le tout centre sur Jésus-Christ crucifié.
Les prières et les louanges chantées à Dieu sont des éléments spontanés du culte chrétien. À l’Église des Colossiens, Paul écrivait :
La prédication, la lecture ou la méditation de la Parole occupaient évidemment une place importante dans le culte des premiers chrétiens. A Troas, en Macédoine, Paul prolongea même son discours jusqu'à minuit, au point qu’un jeune homme, assis à la fenêtre du quatrième étage où ils s’étaient tous réunis, s’endormit, tomba à la renverse et sa tua (Actes 20).
Des collectes auxquelles chacun donnait librement, selon ce qu’il avait décidé dans son cœur et selon ses moyens, étaient faites régulièrement. L’apôtre Paul donne de nombreuses exhortations pour encourager la libéralité spontanée qui selon lui est bénie par Dieu (1 Corinthiens 16 :1,2 ; 2 Corinthiens 9).